Le laboratoire comme école

Maxime Kurvers

Du 02 au 04 décembre 2026
puis du 01 au 05 mars 2027
Maxime Kurvers
© Enzo Tinebra et Tobia Giorla

L’an passé, nous avons abordé le concept de laboratoire théâtral en nous intéressant précisément à certains « studios » qui ont fait école. Je propose cette année de poursuivre ce travail qui articule la théorie du jeu à nos tentatives d’incorporation immédiate, et de l’étendre à d’autres modèles expérimentaux :

  1. En ancrant son travail au sein de la Hull House de Chicago (un lieu d'accueil pour les travailleur·euses et immigrant·es venu·es d'Europe), la sociologue américaine Neva Boyd (1876-1963) développe une pratique du jeu comme vecteur de lien social. À partir de son Manuel de jeux récréatifs, nous retracerons l'histoire du théâtre d’improvisation nord-américain (Viola Spolin, Paul Sills, Keith Johnstone et le Theatresports), née de ce geste fondateur tourné vers l’émancipation.
  2. Relue et travaillée à partir des textes théoriques et des notes de répétition de Bertolt Brecht, la nomenclature élaborée par le dramaturge pour le jeu d’acteur·rice ne doit pas être reçue comme un dogme figé, mais prise pour ce qu’elle est : un chantier expérimental ouvert. En déplaçant le regard de la théorie canonique vers la fabrique concrète du corps, on essaiera d’en réactiver pour nous-mêmes quelques notions et d'en comprendre les contradictions.

Ces deux modèles racontent une histoire du XXème siècle et - peut-être plus précisément - une histoire de la guerre et des migrations au XXème siècle.
Ils racontent comment l’art peut prendre position dans la vie des gens qu’il entend représenter, ou du moins tenter d’élaborer une méthode qui lui vaut parfois d’être moins décevante que la représentation politique-même.

Maxime Kurvers

Maxime Kurvers, né en 1987 à Sarrebourg en Moselle, vit actuellement à Paris.

Il poursuit des études théoriques en arts du spectacle à l’université de Strasbourg avant d’intégrer la section scénographie de l’École du Théâtre National de Strasbourg (2008-2011).

En 2015, il réalise avec Pièces courtes 1-9 sa première mise en scène, sous la forme d’un programme théâtral qui interroge les conditions minimales de sa propre réalisation. Créé à l’automne 2016, Dictionnaire de la musique prolonge ce questionnement du théâtre et de ses ressources par la présence et l’histoire d’autres médiums.

La naissance de la tragédie est un solo pour et par l’acteur Julien Geffroy. Idées musicales (2020) est un récital musical expérimental. Depuis 2018, il travaille sur un projet au long cours, Théories et pratiques du jeu d’acteur·rice (1428-2021), une bibliothèque vivante pour l’art de l’acteur en 28 chapitres. 4 questions à Yoshi Oida (2022) prolonge autrement ces questions d’anthropologie théâtrale. Okina (2024) est un solo pour l’actrice japonaise Yuri Itabashi, à partir de la pièce de Nō éponyme et dont la représentation est aujourd’hui encore interdite aux actrices.

Maxime Kurvers a été artiste associé à la Ménagerie de verre pour la saison 2016-2017 et à la Commune - CDN d’Aubervilliers de 2016 à 2023. Il a été artiste résident à la Saison Foundation Tokyo en 2020 et au Kinosaki International Arts Center en 2024.

En mai 2026, le T2G - théâtre de Gennevilliers présente Travail théâtral, une rétrospective de son travail à ce jour.