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Le titre est en arabe / Ommi Sissi

Danya Hammoud / Mohamed Issaoui
Omni Sissi - Mohamed Issaoui
© Bindiswoman
du mercredi 17 juin 2026 au jeudi 18 juin 2026
Production : tnba
tnba - Théâtre national de Bordeaux AquitaineStudio de création • Placement libre – Assis
Durée 60min

Une soirée, deux spectacles

Le titre est en arabe de Danya Hammoud 

en anglais le 17/06 et en français le 18/06

20 min

Comment continuer à regarder lorsque les images saturent jusqu’à épuiser toute capacité de voir ? Comment faire exister une parole lorsque le monde semble avoir perdu la capacité d’écouter ? Dans Le titre est en arabe, Danya Hammoud choisit le retrait de l’image comme position politique et poétique. Retirer l’image, non pas pour détourner le regard, mais pour amener l’écoute vers un point aveugle, où l’imaginaire et le corps prennent le relais. Au cœur de cette performance, le texte Les détails de Ghayath Al-Madhoun, poète palestinien né à Damas dans le camp de réfugiés de Yarmouk. Son écriture, sobre et implacable, décrit la violence et la mort par injustice sans détour, en s’attachant à l’expérience physique d’un corps. À rebours d’un monde saturé de récits et d’images, Danya Hammoud suspend le visible pour faire advenir un autre régime d’attention. Donner à entendre sans médiation rend possible l’émergence d’une voix reléguée et affirme l’écoute comme une pratique collective de résistance.

 

Ommi Sissi de Mohamed Issaoui

en français avec texte distribué en anglais

25 min

Ommi Sissi met en jeu un corps soumis à des cadres. Cadres médicaux, cadres sociaux, cadres moraux. Dans ce solo, Mohamed Issaoui s’appuie sur son parcours de médicalisation au service des maladies infectieuses de l’hôpital La Rabta à Tunis, et sur l’année qui a suivi l’annonce de sa séropositivité. Une période de bascule où le corps change de statut, où le regard social se charge de jugements, et où la honte impose le silence. Ommi Sissi révèle comment la maladie agit comme un révélateur brutal des normes, des tabous et des logiques d’exclusion. Les danses traditionnelles tunisiennes y sont convoquées comme des formes déplacées, détournées de leurs assignations de genre pour devenir des outils d’émancipation et de réappropriation du corps, dans une traversée autant spirituelle que politique. Dans l’épreuve, Mohamed Issaoui fait apparaître les formes de résistance et de résilience. Ommi Sissi affirme la scène comme un espace de prise de parole nécessaire, où l’histoire individuelle devient un levier pour interroger les violences structurelles, les dispositifs de marginalisation et les tabous persistants autour du VIH.

Le titre est en arabe
Performance de et avec Danya Hammoud.
À partir du texte « Les détails » de Ghayath Al-Madhoun, écrit en 2014.
Traduction de l’arabe : Mohamed Khmassi. Prise de son et mixage : David Oppetit. Administration, production et développement IN’8 circle. maison de production & Anne Rossignol. Production : Association L'Heure en commun

Ommi Sissi
Chorégraphie et interprétation Mohamed Issaoui.
Musique : Houeida Hedfi. Costume : Emna Bouaoun

Le titre est en arabe
Production : Association L'Heure en commun

Ommi Sissi
Production : Tunisian Queer Residence. Production déléguée et diffusion Association Al Badil

Danya Hammoud est chorégraphe et danseuse libanaise. Diplômée en théâtre de l’Institut des Beaux-Arts de Beyrouth, elle suit ensuite la formation Essais du Cndc (Centre national de danse contemporaine) à Angers. Son travail interroge la relation entre mouvement et langage, ainsi que les contextes politiques et sociaux qui traversent les corps. Basée aujourd’hui en Occitanie, elle développe une pratique à la croisée de la danse, du cinéma et de l’écriture.

Mohamed Issaoui est danseur, performeur et chorégraphe tunisien. Formé en lettres modernes en Tunisie et en danse à l’université Paris 8, il développe une pratique à la croisée de la danse, du texte et de la performance qui s’appuie sur les danses traditionnelles tunisiennes, qu’il détourne pour interroger les normes sociales, le genre et la sexualité. Son premier solo Le Déserteur en 2017 marque le début d’un travail autobiographique où le corps et l’intime deviennent un espace politique.