Jouer la pensée / Performer les savoirs
Workshop
du 20 au 24 avril
L’objectif de ce workshop qui sera mené par Guillaume Bailliart et Jean-Luc Vincent est de chercher comment les acteur·ices, et plus généralement les artistes, peuvent s’emparer des matières dites intellectuelles et théoriques (philosophiques, anthropologiques, sociologiques) pour en faire théâtre.
En s’inspirant des méthodes et de la réflexion proposées depuis plusieurs années par les cursus de recherche-création (SACRe, EUR ArTeC), on proposera aux étudiant·e·s de se pencher sur un corpus particulier et de chercher les moyens d’en faire une proposition artistique qui aide à penser différemment. Il s’agit non seulement d’ouvrir la pensée, de la déplier différemment, mais aussi, d’une certaine façon, d’envisager l’artiste comme un chercheur « vulgarisateur ».
Guillaume Bailliart
Guillaume Bailliart étudie succinctement la philosophie puis se dirige vers l'apprentissage et la pratique du théâtre au conservatoire d'Avignon, puis au compagnonnage/théâtre de Lyon. Il joue depuis pour Gwénaël Morin, Michel Raskine, Fanny de Chaillé et dans ses propres productions. Depuis 2013, il dirige la Cie Groupe Fantômas.
En 2017, il met en scène pour la cie lilloise Vaguement Compétitifs La Violence des Riches d'après l'oeuvre des sociologues Monique et Michel Pinçon Charlot, puis performe à partir de 2019 Désordre du Discours d'après Michel Foucault, sous la direction de Fanny de Chaillé. Plus récemment, il crée avec Erwan Verron, enseignant chercheur à L'École Centrale de Nantes La Catastrophe (titre provisoire), conférence transdisciplinaire qui cherche une articulation entre "Les limites à la croissance", de Dennis et Donella Meadows, et "La Fin de la Mégamachine" du philosophe allemand Fabian Scheidler.
Il enseigne régulièrement, notamment au Conservatoire de Toulouse, Compagnonnage/théâtre de Lyon, École de la Comédie de Saint-Etienne, et organise des formations de recherche, en binôme avec Ludor Citrik, sur la figure du bouffon.
Depuis 2023, Guillaume Bailliart est membre du Collège pédagogique de l'école du TNBA.
Jean-Luc Vincent
Ancien élève de l’École Nationale Supérieure de la rue d’Ulm, agrégé de Lettres classiques, Jean-Luc Vincent est acteur, auteur et metteur en scène. Depuis quelques années, la question de « la pensée en acte » le passionne. Il s’amuse ainsi à interpréter la philosophe contemporaine Isabelle Stengers dans une forme dédiée à l’espace urbain (Un pas au milieu des dragons, compagnie L’hiver nu, 2018). Il explore avec Maya Boquet et Émilie Rousset la restitution, via l’oreillette, de paroles dites de pensée, dans des dispositifs performatifs (Les spécialistes, reprise 2018, et Reconstitution : le procès de Bobigny, 2019). En 2018, il crée À voix haute, une lecture performée mise en scène par Fanny de Chaillé d’une interview entre les artistes Mike Kelley et Franz West, dans le cadre de l’exposition Franz West au Centre Pompidou à Paris. En 2024, son texte Edith B. Avant-hier soir je n’avais pas envie d’aller me coucher, conférence performée écrite pour l’actrice Edith Baldy joue à Paris au théâtre Monfort avant d’être repris au Grand Amphi de la faculté de Médecine (Paris, 6) dans le cadre de la programmation de L’Université Paris Cité. En mars 2025, il participe à la lecture performée du dernier livre du philosophe Pierre Cassou-Noguès et de l’artiste vidéaste Gwenola Wagon, Les images pyromanes – Théorie-fiction des IA génératives (UV Éditions, 2025) au Musée du Jeu de Paume à Paris, repris en octobre 2025 à la Maison de la Poésie à Paris.
Depuis 2021, il enseigne en tant qu’artiste intervenant au sein du Master EUR ArTeC de recherche-création (Université de Paris 8 et Université de Paris 10). Il accompagne les étudiant·e·s dans la réalisation pratique de leur projet de recherche, qu’il lui est arrivé de co-diriger. À trois reprises, il est co-juré du jury de soutenance des masters 2.
Depuis 2024, il est artiste intervenant au sein de l’Université Paris-Cité dans le cadre du mois de l’égalité en mars.