Le laboratoire comme école
Atelier régulier
Session 1 du 22 au 24 octobre 2025
Session 2 du 25 au 27 février 2026
Session 3 du 27 au 30 avril 2026
Dans l'histoire du théâtre moderne, le concept de laboratoire est indissociable d'une volonté de rompre avec les conventions et de repenser la formation de l’acteur·rice. Loin de l'académisme des conservatoires ou du cadre rigide des théâtres qui produisent le répertoire, le studio y est notamment un espace de recherche et d'expérimentation radicale, où l'on cherche à désosser l'art de l’acteur·rice et plus largement le processus de création.
Dès lors, il me semble intéressant de profiter des ces trois courtes sessions (3x3 jours) pour tenter, à chaque fois, de comprendre quelques-uns de ces modèles expérimentaux par la lecture et l’analyse de leurs principes mais surtout par l’incorporation de leurs prescriptions.
Je pense ainsi travailler autour de 3 modèles qui articulent théorie et pratique du jeu (et inversement).
Chacun des livres que nous aborderons est le compte-rendu d'un cours, de répétitions ou d'un training.
Nous nous mettrons ainsi à l'école de ces laboratoires historiques en nous immergeant dans leurs démarches et leurs méthodes :
- Au studio du Théâtre d’art de Moscou : Par l’ouvrage de Maria Knebel, L’analyse-action, augmenté de quelques exemples glanés chez K. Stanislavski et chez M. Chekhov, nous questionnerons l'articulation entre le rôle des actions physiques, la vie intérieure de l'acteur·rice et l’imagination créatrice.
Texte ressource principal : KNEBEL, Maria, L’analyse-action, Actes Sud, 2006. - Une école-laboratoire à Florence : Dans L’acteur et la sur-marionnette (paru in De l’Art du théâtre), Edward Gordon Craig esquisse son idéal (inachevé) de sur-marionnette. À travers quelques exemples tirés du projet d’école de Craig à Florence (1911-1914), nous essaierons de comprendre ce que cette vision peut avoir de pertinent aujourd’hui.
Texte ressource principal : CRAIG, Edward Gordon, De l’Art du théâtre, peu importe l'édition. - Un théâtre-laboratoire à Wroclaw : Avec Grotowski et l’ouvrage Vers un théâtre pauvre, qui est à la fois manifeste et compte-rendu de sessions de travail (qu’il faudra étudier augmenté de toutes les vidéos, compte-rendus de répétitions et autres matériaux qui nous permettront d’aborder cet énorme morceau…), on touche à une des idées les plus abouties quant au processus d’incorporation théâtrale : l’acteur·rice est un monde qui contient et porte tous les mondes.
Texte ressource principal : GROTOWSKI, Jerzy, Vers un théâtre pauvre, peu importe l’édition.
Maxime Kurvers
Maxime Kurvers, né en 1987 à Sarrebourg en Moselle, vit actuellement à Paris.
Il poursuit des études théoriques en arts du spectacle à l’université de Strasbourg avant d’intégrer la section scénographie de l’École du Théâtre National de Strasbourg (2008-2011).
En 2015, il réalise avec Pièces courtes 1-9 sa première mise en scène, sous la forme d’un programme théâtral qui interroge les conditions minimales de sa propre réalisation. Créé à l’automne 2016, Dictionnaire de la musique prolonge ce questionnement du théâtre et de ses ressources par la présence et l’histoire d’autres médiums.
La naissance de la tragédie est un solo pour et par l’acteur Julien Geffroy. Idées musicales (2020) est un récital musical expérimental. Depuis 2018, il travaille sur un projet au long cours, Théories et pratiques du jeu d’acteur·rice (1428-2021), une bibliothèque vivante pour l’art de l’acteur en 28 chapitres. 4 questions à Yoshi Oida (2022) prolonge autrement ces questions d’anthropologie théâtrale. Okina (2024) est un solo pour l’actrice japonaise Yuri Itabashi, à partir de la pièce de Nō éponyme et dont la représentation est aujourd’hui encore interdite aux actrices.
Maxime Kurvers a été artiste associé à la Ménagerie de verre pour la saison 2016-2017 et à la Commune - CDN d’Aubervilliers de 2016 à 2023. Il a été artiste résident à la Saison Foundation Tokyo en 2020 et au Kinosaki International Arts Center en 2024.